Pour Arnaud Robinet, président de la FHF : « La dégradation continue de l’accès aux soins ces dernières années constitue un signal d’alerte majeur et un risque pour notre pacte social. Les Français attendent des actions fortes, au niveau national comme dans les territoires, pour garantir un accès effectif aux soins, partout et pour toutes et tous. Une loi de programmation en santé est plus que jamais nécessaire pour donner aux acteurs de terrain des perspectives claires, des moyens durables et la capacité de renforcer l’offre, notamment en matière de prévention. Le temps de l’attente est désormais derrière nous. »
UN ACCES AUX SOINS SOUS TENSION POUR UNE LARGE PART DE LA POPULATION
Quatre Français sur dix (40 %) déclarent qu’il est difficile d’accéder à des soins de santé là où ils vivent. Cette proportion dépasse la moitié des habitants dans les communes rurales (53 %) et dans les agglomérations de moins de 20 000 habitants (52 %).
Plus d’un tiers des Français (36 %) estiment même vivre dans un « désert médical », un sentiment particulièrement marqué dans les zones rurales et les villes moyennes.
Les difficultés sont particulièrement aiguës pour certaines catégories de professionnels :
47 % des Français jugent difficile l’accès à un médecin généraliste ;
63 % estiment qu’il est difficile d’accéder à un médecin spécialiste, et 24 % parlent même d’une situation « très difficile » ;
Les dermatologues, ophtalmologues et cardiologues figurent parmi les spécialités les plus difficiles d’accès.
LE RENONCEMENT AUX SOINS EST UNE RÉALITE MASSIVE
Ces tensions ont des conséquences directes sur les comportements de soins. 81 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à consulter un professionnel de santé pour au moins une raison au cours des douze derniers mois.Les principaux motifs évoqués sont :
Des délais d’attente trop longs (65 %) ;
L’absence de spécialistes à proximité (60 %, jusqu’à 70 % en zone rurale) ;
Des coûts jugés trop élevés ou des remboursements insuffisants (47 %).
DES ATTENTES FORTES VIS-À-VIS DE L’ACTION LOCALE
La santé apparaît clairement comme un enjeu local majeur : 70 % des Français estiment que leur commune a un rôle à jouer en matière de santé et d’accès aux soins, dont 27 % qui lui attribuent même un rôle central. Pourtant, seuls 42 % considèrent que leur commune agit réellement pour améliorer l’accès aux soins, tandis que 31 % jugent qu’elle n’agit pas et 27 % ne savent pas se prononcer.
Un tiers des Français (34 %) estime par ailleurs que la situation de l’accès aux soins dans leur commune s’est détériorée ces dernières années, et 41 % considèrent qu’elle n’a pas évolué.
Pour ces élections municipales, la santé pourrait donc être un critère de vote décisif.
L’HÔPITAL PUBLIC, PILIER DU SYSTEME DE SANTÉ, AU NIVEAU NATIONAL ET LOCAL.
L’enquête souligne un très fort attachement à l’hôpital public : 71 % des Français déclarent y être attachés, et plus de 80 % se sont rendus en ville ou à l’hôpital public au cours des douze derniers mois pour consulter une médecin.
Présent sur l’ensemble du territoire, l’hôpital public assure à la fois les soins de proximité, la permanence des soins, la prise en charge des situations complexes, la formation des professionnels et la recherche. À ce titre, il constitue un pilier du système de santé, à la fois dans les territoires et au niveau national.
Venons-en aux faits : l'hôpital est performant, il prend en charge notamment 75% des accouchements et 81% des passages aux urgences sur le territoire. Et ce, 365 jours par an, 24/24h.
Méthodologie de l’enquête
Echantillon ▪ Échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française adulte âgée de 18 ans et plus ▪ Méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, catégorie d’agglomération et région)
Mode de recueil et lecture des résultats ▪ Enquête quantitative réalisée en ligne sur panel ▪ Pour les questions barométriques, les évolutions par rapport à la vague précédente (octobre) sont indiquées entre parenthèses.
Dates de terrain ▪ Le terrain s’est déroulé du 10 au 12 décembre 2025