Communiqués de presse

Déshabiller le sanitaire pour habiller le médico-social : la FHF réfute l’analyse de la Cour des comptes et formule d’autres propositions

Paris, le 28 juin 2019. Alors que la Cour des comptes a présenté le 25 juin son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques, la FHF conteste une approche visant à opposer les professionnels du secteur sanitaire et ceux du secteur médico-social. Penser que la seule solution pour augmenter les effectifs nécessaires au secteur médico-social public se fera par une baisse des effectifs du secteur sanitaire, c’est méconnaitre ou ignorer les autres leviers.

L’une des principales priorités du Rapport Libault sur le grand âge et l’autonomie est d’augmenter significativement les effectifs dans les Ehpad. Pour ce faire, et les magistrats financiers l’écrivent dans leur rapport présenté cette semaine : " Ceci nécessiterait que l’accroissement attendu des effectifs des maisons de retraite médicalisées soit intégralement compensé par une poursuite de la diminution des effectifs des hôpitaux ».

 

L’ampleur des besoins sanitaires et médicaux sociaux qu’entraine le vieillissement de la population et l’augmentation des pathologies chroniques, justifie d’affecter à moyen terme de nouvelles ressources à la santé et à l’accompagnement du grand âge et du handicap et ce, sans augmenter les prélèvements obligatoires. La FHF se prononce ainsi en faveur de l’affectation progressive de la cotisation de remboursement de la dette sociale au financement de la santé et à l’autonomie (8,5 Milliards) pour faire face aux nouveaux besoins.

 

Baisser les effectifs comme le recommandent les magistrats financiers continuerait d’affaiblir l’hôpital public, dont l’activité augmente avec des effectifs non médicaux qui stagnent depuis plusieurs années. Les hôpitaux et EHPAD sont en outre déjà fortement mis à contribution pour la régulation de l’ONDAM avec un milliard d’euros de ponctions sur l’ONDAM voté, pour les seuls établissements de santé entre 2014 et 2018. Les réserves prudentielles ne pèsent que sur eux et ne sont pas réparties sur l’ensemble des acteurs à due proportion de leur poids dans l’ONDAM. Alors que les hôpitaux ont totalement maitrisé leurs dépenses depuis des années, essuyé des plans d’économie pour un total de 8,6 milliards d’euros entre 2005 et 2019, et qu’ils servent déjà de variables d’ajustement pour éponger les dépassements de l’enveloppe de ville, on ne peut donc leur demander de financer en plus les ressources humaines nécessaires à la prise en charge du vieillissement et de la perte d’autonomie.

 

« Opposer le secteur sanitaire et médico-social pour des motifs comptables est une nouvelle illustration malheureuse de la vision limitée que peut avoir la technocratie de notre pays sur la transformation de notre système de santé…Ce n’est pas ainsi que l’on améliorera la santé des Français ! » regrette Frédéric Valletoux, Président de la Fédération hospitalière de France