Communiqués de presse

Campagne sur le juste usage des antibiotiques à l’hôpital

Les résistances aux antibiotiques font peser un risque majeur sur nos sociétés, à la fois sanitaire et économique

  • Les résistances aux antibiotiques font peser un risque majeur sur nos sociétés, à la fois sanitaire et économique

> En 2050, à l’échelle de la planète, si l’on ne se mobilise pas davantage, les résistances aux antimicrobiens seront responsables de plus de morts que le cancer - 10 millions par an1.

> Au-delà des décès, le coût pour la société est estimé, sur la base des études de la RAND et de KPMG, à 100 000 milliards de dollars à l’horizon 2050. La perte de croissance annuelle est estimée entre 2 et 3,5 % de Produit Intérieur Brut.

> Les ministres de la recherche du G8 ont reconnu les infections par germes multirésistant comme l’une des plus grandes menaces en termes de sécurité sanitaire.

> Et au-delà de ces coûts, ce sont des activités entières de la médecine qui pourraient être menacées : chirurgie prothétique, néonatalogie et réanimation, chimiothérapies antitumorales, greffes…

  • La mobilisation est urgente

> Après une croissance continue mais modérée, on assiste dorénavant à une croissance exponentielle des résistances aux antibiotiques, à l’exemple des entérobactéries productrices de carbapénémases.

> Dès à présent, on estime à 60 000 les décès annuels en Europe et aux Etats-Unis causés par des bactéries multirésistantes.

> Également, le nombre de cas de patients porteurs de bactéries résistantes à tous les traitements est fortement en hausse, dans les services de transplantation, de réanimation, d’hématologie.

> Des écologies bactériennes préoccupantes sont également retrouvées en ville dorénavant.

> L’usage d’antibiotiques, même pertinent, génère obligatoirement des résistances. Le mésusage, fréquent selon les études, qu’il s’agisse d’un mauvais choix des drogues, de mauvaises posologies ou de mauvaises durées, aggrave l’émergence de ces résistances.

> Avant même ce mésusage, la décision de prescrire ou non des antibiotiques doit être interrogée : rapportées à la population les consommations entre pays européens varient de 1 à 46. La France est dans les pays les plus consommateurs, en ville comme à l’hôpital et après un infléchissement imputable à la campagne « les antibiotiques c’est pas automatique », la croissance est importante. Les « cultures nationales », entendues en termes d’habitudes de prescription des professionnels et d’attentes de la population sont des facteurs clés à infléchir.

> À la hausse des consommations (X10 entre 2000 et 2010 au niveau mondial), s’ajoute en outre le peu de nouvelles thérapeutiques disponibles (baisse du nombre de mises sur le marché annuelles).

  • La mobilisation doit être globale

> Elle est internationale, sous l’égide de l’OMS au niveau mondial, de l’Europe et reprise dans chaque pays (un plan d’alerte sur les antibiotiques pour la période 2011 – 2016 existe en France).

> Elle touche la santé humaine et animale, dans une démarche globale intitulée « one health ».

> Elle vise à impacter : l’éducation du public, les pratiques médicales, la recherche et l’innovation (nouveaux antibiotiques et nouvelles stratégies thérapeutiques), la régulation (notamment réglementation sur la mise sur le marché des produits de santé, les restrictions d’usage de certaines molécules, les conditions d’accès aux antibiotiques…).

> Elle repose sur l’implication des leaders politiques (Président Barack Obama, Prime Minister David Cameron) pour combler l’écart entre l’urgence de la situation et la perception lointaine
qu’en ont le public et certains professionnels.

  • De nombreuses actions doivent être mises en place, mais dès à présent il faut s’appuyer sur le professionnalisme des prescripteurs

> Le 5 décembre dernier, l’OMS a publié une déclaration enjoignant notamment les « providers » de se mobiliser davantage .

> En 2014, une étude publiée dans le JAMA montre que l’engagement individuel peut faire la différence
> En octobre 2014, le LIEN, la SPILF (Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française) et la FHF décident de s’unir dans une campagne visant à engager tous les prescripteurs publics à titre individuel et l’hôpital public en tant qu’institution.

> La campagne repose sur une charte individuelle signée par les praticiens des hôpitaux et une charte institutionnelle signée par les directeurs, présidents de CME et chefs de pôles.

> Les présidents de CME et chefs d’établissements, au travers de leurs conférences, ont décidé de s’engager.

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