Communiqués de presse

Epidémie de grippe : ne pas faire l’économie d’une réflexion globale sur notre politique de santé

La FHF tient à saluer le travail et la mobilisation des hospitaliers qui, depuis plusieurs semaines dans certains établissements, font face à une recrudescence d’activités liée à une épidémie de grippe particulièrement virulente. Heureusement que les hospitaliers n’ont pas attendu les recommandations ministérielles de ces derniers jours pour assurer leurs missions. Ils le font avec efficacité et humanité. C’est en effet leur engagement.

Au-delà des hommages ou des critiques, il apparait que si les hôpitaux publics réussissent à gérer cette sévère épidémie de grippe, ils se retrouvent une fois de plus à devoir pallier la désorganisation et le manque de régulation au sein de notre système de santé.

Plusieurs enseignements doivent être retirés de la situation actuelle :
1. Le défaut d’anticipation : il aura malheureusement fallu attendre cette semaine pour que le gouvernement prenne conscience de l’ampleur de la situation. La tenue de réunions plus en amont, associant l’ensemble des acteurs du système de santé, quels que soient leur statut (publics ou privé), de l’amont et de l’aval, aurait sans nul doute permis de mobiliser plus efficacement les énergies et d’améliorer la coordination entre les uns et les autres.

2. Les limites de la politique de suppression de lits et d’économies au rabot : les hôpitaux publics ont été contraints, ces dernières années, de réduire massivement leurs lits dans un mouvement souvent non accompagné de réorganisations territoriales. Rappelons que l’objectif cible du plan triennal était de 16. 000 lits supprimés. La politique d’économie au rabot atteint ainsi ses limites, de même que la politique de fragilisation des lits de soins d’aval conduite dans de nombreux territoires et que la FHF à régulièrement dénoncé. Notre système a besoin d’être régulé et les hôpitaux de proximité tout comme les établissements de soins de suite publics ont toute leur place dans le paysage sanitaire.

3. L’importance du lien ville/hôpital : la FHF s’engage depuis plusieurs mois pour améliorer et renforcer les liens entre le monde hospitalier et le monde libéral. C’est un axe fondamental qui doit être poursuivi et qui devra être supporté par une politique financière renouvelée, que les quelques ajustements, apportés ces dernières semaines au système de tarification à l’activité, ne peuvent satisfaire.

4. L’insuffisante régulation au sein de notre système de santé : cet épisode de crise rend nécessaire une nouvelle politique de régulation, permettant une réelle convergence des contraintes entre tous les acteurs qu ils soient publics ou privés. Les déprogrammations d’activités ne doivent pas peser sur les seuls établissements publics, fragilisant encore plus leur situation financière.

5. Le besoin d’une nouvelle politique de prévention : l’épidémie de grippe met en lumière l’insuffisante couverture vaccinale de la population mais aussi des professionnels de santé. Cela rend indispensable des mesures fortes en faveur d’une politique de prévention qui associe tous les acteurs et au premier rang desquels les pharmaciens dont le rôle doit davantage être reconnu.

S’il en était besoin, cet épisode de grippe révèle que le Service Public de Santé est plus que jamais utile à notre pays et qu’il doit être consolidé. Cela nécessite qu’à la politique de rabot et de fragilisation financière se substitue une politique de santé basée sur des réformes structurelles qui soutiennent les hôpitaux publics dans leurs missions.
 

Frédéric Valletoux
Président de la FHF

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