Fédération hospitalière de France
Pertinence des actes médicaux : la FHF demande une action déterminée des pouvoirs publics
19/11/2009
La campagne de communication organisée en ce moment par les cliniques commerciales, qui dénigre de manière choquante nos établissements, multiplie certes les approximations et les contrevérités. Mais elle occulte également soigneusement la question sensible de la pertinence des actes médicaux.
Chaque professionnel de santé sait d’expérience que, si certaines variations de pratique peuvent se justifier dans l’exercice de l’art médical, d’autres différences sont beaucoup moins légitimes, parce qu’elles tiennent à la méconnaissance de référentiels de qualité, ou qu’elles sont l’expression d’intérêts économiques et non de la seule prise en compte des besoins du patient.
La Fédération hospitalière de France a eu à plusieurs reprises l’occasion d’appeler les pouvoirs publics à la nécessité d’une évaluation plus rigoureuse des actes médicaux et chirurgicaux.
Celle-ci est nécessaire pour des raisons éthiques, et il est impératif de respecter le primum non nocere qui fonde l’exercice médical depuis Hippocrate. Les médecins et les soignants aspirent à exercer leur profession avec efficacité et humanité, et ils savent que la médecine n’est pas un commerce.
Elle l’est également parce que la mise en œuvre de la tarification à l’activité nous invite à examiner avec davantage d’attention l’activité réalisée par chaque acteur, dans une démarche de transparence.
La forte augmentation d’activité constatée par exemple pour l’endoscopie nous semblait justifier la définition de référentiels opposables, associant les sociétés savantes et la Haute Autorité de santé,
et un contrôle rigoureux par l’Assurance maladie.
Nous ne pouvons que regretter la lenteur des progrès enregistrés dans le domaine de l’évaluation, et plus encore dans celui de contrôles qui restent trop rares.
Aussi la FHF a-t-elle souhaité prendre l’initiative de construire des études thématiques sur des actes significatifs de certaines dérives sur lesquelles l’attention de l’opinion publique doit être attirée : césariennes, prostatectomies, hystérectomies, cataractes, drains transtympaniques, appendicectomies…
Les cartes construites démontrent l’ampleur d’un problème qui ne doit pas être réduit à des condamnations manichéennes, mais ne peut en revanche être éludé à l’heure où nous devons rendre compte à la nation de l’utilisation des fonds publics.
La confiance que les Français placent à juste titre dans leur système de santé n’est pas acquise, elle
est le résultat de l’action de professionnels qui n’ont rien à gagner à l’opacité.
Nous avons la conviction que cette revendication de transparence que la FHF porte est une chance pour l’hôpital public, et pour la collectivité car il n’y a rien qui coûte davantage qu’un acte inutile.

