Editoriaux

Hôpital public : pour en finir avec les idées reçues

L’hôpital public coûte cher… La France dépense trop pour ses hôpitaux… Les cliniques sont plus productives… Il y a de plus en plus d’infections nosocomiales à l’hôpital…


Pour mettre un terme à la diffusion, par ignorance ou par malveillance, de ces idées reçues sur le service public hospitalier, la Fédération hospitalière de France a réalisé un document recensant dix d’entre elles, en s’attachant à rétablir la vérité, s’appuyant uniquement sur des faits et chiffres vérifiés, émanant d’institutions internationales ou nationales, mais également de sociétés savantes. Il s’agit ainsi de rendre justice à l’action de tous ceux qui se sont engagés pour le service
public hospitalier, l’un des fondements du pacte républicain auquel nos concitoyens sont le plus attachés, et qui lui font massivement confiance (à plus de 82% selon un sondage TNS SOFRES d’avril 2010).

Cette brochure sera largement diffusée auprès des élus, des journalistes et des hospitaliers.

En cette période de choix difficiles pour les finances publiques, il est en effet essentiel de fonder le débat public sur des faits incontestables.

Cette exigence de rigueur doit également nous conduire à la plus grande vigilance dans la manière dont l’image du service public hospitalier est promue auprès du grand public. C’est ce que vient notamment de rappeler la diffusion le 18 mai dernier d’une émission de télévision, tournée en caméra cachée et prétendant alerter le grand public sur les dysfonctionnements des services de psychiatrie publics. Celle-ci a en effet légitimement soulevé une grande émotion auprès des hospitaliers.

Notre Fédération, informée par l’établissement filmé à son insu des multiples erreurs et jugements non fondés contenus dans ce reportage, regrette que les remarques faites auprès de la chaîne de télévision publique n’aient nullement été prises en compte. Elle apporte son plein soutien à tous les personnels qui accomplissent leur mission dans des circonstances
souvent difficiles, et qui ont su faire évoluer en profondeur, depuis plusieurs décennies, la prise en charge en santé mentale de la population.

Cette profonde mutation de l’action conduite au sein des secteurs de psychiatrie était hélas totalement absente d’un reportage qui a accumulé les situations caricaturales, en violant le droit des patients au respect de leur vie privée, le respect du secret professionnel et la relation de confiance qui doit être établie entre soignants et soignés.

Notre Fédération a toujours défendu la plus grande transparence dans l’exercice du service public hospitalier, ainsi que la nécessité de défendre en toutes circonstances les droits des patients, mais elle ne peut accepter que l’appréciation objective et partagée de la réalité de la santé mentale puisse être délaissée au profit d’une déformation de la réalité qui n’obéisse qu’à la seule recherche de l’audience maximale.

Cette volonté de lutter contre les idées reçues doit donc être une exigence pour l’ensemble des hospitaliers, car elle correspond aux valeurs que nous défendons, et aux ambitions que nous portons pour le service public hospitalier.

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