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Pratique infirmière avancée - Document de travail de l'OCDE

Publié le 20 octobre 2010

Le document de travail de l’OCDE intitulé « Pratique infirmière avancée. Description et évaluation des expériences dans 12 pays développés » analyse la situation actuelle et les implications des nouvelles fonctions des infirmiers dans de nombreux pays.

Ce document examine les facteurs à l’origine du développement de pratiques infirmières avancées, l’état actuel du développement, et montre quels sont les obstacles et les éléments qui le favorisent, ainsi que leurs conséquences sur la qualité, le coût des soins et l’accès à ces derniers. Il passe en revue les expériences menées en Autriche, en Belgique, au Canada, à Chypre, en République tchèque, en Finlande, en France, en Irlande, au Japon, en Pologne, au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’information a été recueillie par le biais de questionnaires adressés aux experts nationaux ainsi que par une revue de la littérature.
Les principaux résultats de l’analyse soulignent le fait que, tandis qu’aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, les pratiques infirmières avancées se sont développées dès les années 1960 et 1970, le phénomène est plus récent dans des pays comme l’Australie et l’Irlande, et le processus de reconnaissance en est encore à ses débuts en Belgique, France, République tchèque, au Japon et en Pologne. De façon générale, les pratiques infirmières avancées sont plus développées dans les pays où les soins primaires sont principalement délivrés dans des cabinets de groupe, ce qui facilite le partage des tâches, par exemple en Australie, au Canada, en Finlande, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Les principales raisons de développer de nouveaux rôles pour les infirmières sont les suivantes :
• le besoin de développer l’accès aux soins dans un contexte de pénurie des médecins, en transférant les tâches et les responsabilités des médecins aux infirmières ;
• le besoin d’offrir des soins de haute qualité, par exemple en créant des lieux spécifiques pour le suivi des patients souffrant de maladies chroniques ;
• la nécessité de réussir à limiter les coûts, en déléguant certaines tâches des docteurs aux infirmières, moins onéreuses ;
• la nécessité de rendre la profession infirmière plus attractive, en soulignant leurs perspectives de carrière.
De façon générale, les évaluations montrent que les infirmières de pratique avancée délivrent des soins de même qualité que les médecins, apportent plus de satisfaction aux patients, améliorent l’accès aux services et réduisent le temps d’attente. Cependant, l’introduction de ces nouvelles figures n’a pas toujours un impact positif sur la limitation des coûts. En effet, lorsqu’il y a substitution des tâches, les économies réalisées grâce au fait que les salaires des infirmiers sont inférieurs à ceux des médecins peuvent être neutralisées par une augmentation du temps de consultation, des réorientations plus fréquentes des patients vers d’autres professionnels et, parfois, des demandes d’examens plus nombreuses.
Enfin, le document souligne la nécessité de commencer à évaluer les modèles d’organisation sanitaire dans une perspective plus large. Le mouvement actuel, qui se caractérise par une plus grande fréquence du travail d’équipe et une augmentation du nombre de cabinets partagés, renforce la nécessité d’aller au-delà d’une simple comparaison de la façon dont les infirmières de pratique avancée accomplissent certaines tâches par rapport aux médecins, et d’adopter une perspective plus large sur l’organisation générale des services.
Le document de travail est disponible sur la librairie en ligne de l’OCDE (uniquement en anglais) :
http://www.oecd-ilibrary.org/social-issues-migration-health/nurses-in-advanced-roles_5kmbrcfms5g7-en

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